Caelum
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Une île volante et dotée de personnes à don étrange.
 
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 Ad astra [PV : Melusine]

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Mukuro Regem
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Mukuro Regem


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MessageSujet: Ad astra [PV : Melusine]   Ad astra [PV : Melusine] EmptyMer 15 Aoû - 20:03



« Pour la toute première fois de ma vie j’avais fui mon devoir, et ce, devant mon père. La raison en plus de cette histoire était idiote et je le savais. Pourtant je ne m’étais pas arrêtée au cours de ma course dans les rues de notre ville paradisiaque jusqu’à ce que j’atteigne cette vieille centrale qui fut jadis importante pour la monstrueuse guerre de nos ancêtres. C’était uniquement lorsque je m’étais écroulée par terre pour reprendre mon souffle que je m’étais rendue compte de mon énorme erreur. Papa allait m’en vouloir et je n’allais pas pouvoir m’échapper de sa colère cette fois-ci.

Pourtant la journée avait bien commencé. Je m’étais levée en même temps que l’astre rose de notre monde, des cernes sous mes yeux et mes muscles engourdis par l’entrainement intensif que je dus subir une journée plutôt. J’étais de bonne humeur et l’impression que la vie était magnifique en étant seule m’était arrivée à la tête pour une première. J’avais servi mon petit déjeuner dans mes assiettes préférées, pris mon temps pour choisir mon accoutrement – une chemise orange avec des shorts, et je m’étais affalée sur mon cousin en admirant la vue que m’offrait la fenêtre de style baroque de ma mansarde. L’inspiration pour dessiner m’était venue comme un cadeau du ciel! J’avais passé environ deux bonnes heures à tracer des esquisses ainsi que des croquis pour, plus tard, commencer à peindre la toile secrète pour l’anniversaire de mon père. Il allait déjà passé au stade du quarante-cinq ans et je voulais lui donner un cadeau digne de notre nom : les Regem.

Mais voilà que, le soleil atteignant finalement son point milieu, mon vieux était venu m’interrompre dans mes activités. Toutefois, pas seul, comme il avait l’habitude de le faire, non, il était venu accompagner d’un vieillard aux lunettes rondes et séculaires. L’étrange personnage possédait des traits asiatiques bien marqués tout comme plusieurs rides qui rendaient son visage plus… intéressant qu’à la normal. Il me faisait penser à ses interprètes animés, dans les émissions pour enfants, qui étaient toujours à l’air pervers et cie. Je ne passais cependant aucun commentaire à l’intention de papa, sachant bien qu’il n’amènerait jamais un inconnu sans bonne raison dans notre demeure. J’avais caché ma toile et, , j’avais fini par découvrir ce qu’il cachait.

- Un mari?! M’étais-je exclamée en manquant presque de m’étouffer, pourquoi?

- C’est une proposition de monsieur, m’avait expliqué mon père avec un retroussement de lèvres sur son visage. Ils viennent tous deux de Fundere, et tu sais qu-…

- Comment ose tu?! Avais-je tonné si fort que l’autre avait échappé son sourire sur le plancher, maman n’aurait jamais accepter faire un truc pareil!

Et sans même prendre le temps d’écouter le reste de ses paroles, j’avais arraché de sa place mon carnet à dessins et j’étais partie en sprint, loin de ma maison, loin de cette stupide idée de vouloir vendre ma main à quelqu’un d'ignoré de mon répertoire. Oh bien sûr j’avais toujours souhaité tout mettre en œuvre pour faire plaisir à mon père qui avait besoin de moi, mais jouer avec mes sentiments m’avait confuse et frustrée. Sans trop savoir où aller, j’avais fini par errer en direction de la côte est, une zone qui était abandonnée pour le moment. Hormis les plantes et les végétaux, rien ne m’accueillit dans la place. Puis j’étais tombée devant ce large centre d’atterrissage aux airs de tombeau. En prenant à peine le temps de regarder si j’étais autorisée à pénétrer dans l’enceinte, je m’étais cachée dans ma nouvelle tanière.

L’endroit était lugubre et sombre. J’avais eu l’impression d’être tombée dans un tout autre monde. Caelum pouvait parfois paraître si céleste que j’en avais oublié les endroits abandonnés par notre gouvernement. Ce vieux centre avait passé plusieurs années sans occupant et les toiles d’araignées de haut en bas me l’avaient confirmé. À la fois fascinée et terrifiée par cette espace, je m’étais aventurée jusqu’au bout où j’avais fini par y trouver un vieux divan, laissé à son sort et camouflé par la poussières. Sans trop m’attarder aux taches du passé de l’objet, j’avais passé plusieurs secousses de ma paume sur le tissu qui se révélait à être un rouge bourgogne. Puis, épuisée par ma course, j’avais fini par m’endormir, mon carnet en main.

Mon rêve fut des plus étranges. Je visitai à l’intérieur de ce dernier plusieurs rectos qui m’étaient totalement inconnus, ce, accompagnée par une jeune fille à la frimousse d’une couleur… étrange comme la mienne? Mon rêve se transporta d’une extrémité à une autre et tout d’un coup j’avais fait face au visage doux et tendre de ma mère. Ma guide avait disparu pour laisser place à mes flancs la personne que je chérissais plus que tout au monde. Maman avait glissé ses mains sur mes joues, essuyé des larmes qui se mouvaient sur mes pommettes et m’avait chuchoté une jolie comptine dont je n’avais pas compris les mots.

Mais la cascade de plusieurs objets métalliques me tira de mon songe.

Je m’étais redressée sur le divan, la peur faisant battre mon cœur dans ma cage thoracique, et m’étais recroquevillée en petit bonhomme. Il y avait quelqu’un d’autre avec moi… ici. Et ce n’était sûrement pas les rats qui s’étaient amusés à me faire une telle peur. Déglutissant ma salive lentement dans ma gorge, je finis par dire bien fort d’une voix incertaine :

- Qui est là?

Seul le silence me répondit, sans l’ombre d’un bourdonnement quelconque. Je serrai entre mes mains mon carnet à dessins, me disant que si c’était un meurtrier fou qui se trouvait dans la place il me protégerait, et me levai debout en fronçant les sourcils afin de bien regarder dans le noir qui s’y trouvait.

- Si vous sortez pas de votre cachette… je… je vous attaque avec mon arme!

Quelle arme? Je n’en n’avais pas la moindre idée. C’était la première chose qui m’était passée par la tête et j’avais agis sans le vouloir. Disons que ça pouvait m’arriver souvent lors des moments de panique. Le silence, toujours roi du moment, gagna la partie pendant plusieurs minutes. Puis, sortant de nulle part, une silhouette se glissa hors de l’ombre. Je ne pus m’empêcher de lancer un cri d’horreur à la vue de ses cheveux roses et de ses yeux bleu ciel. C’était une fille, visiblement – je confirmai en voyant son buste. Mon souffle s’était arrêté pendant quelques secondes et voilà que, légèrement intimidée, je sortais une dernière phrase.

- Qui es tu?! »



Dernière édition par Mukuro Regem le Jeu 23 Aoû - 11:44, édité 2 fois
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Melusine Threicae
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MessageSujet: Re: Ad astra [PV : Melusine]   Ad astra [PV : Melusine] EmptyMer 15 Aoû - 21:40


Pardon, je ne voulais pas t'effrayer...
Eargasme



Enfin, elle y était. Cette piste d’atterrissage ayant rudement servie lors de la guerre civile était désormais aussi désuète que l’usine du secteur. Il n’y avait pas âme qui vivent ici, il n’aurait pas dû y en avoir d’ailleurs; c’était une zone formellement interdite. Mais quelle patrouille allait s’investir à arpenter les quelques 6 ou 8 kilomètres de cet immense district dans l’espoir de piéger, quoi… un adolescent graffitant des montgolfières abandonnées ? Vraiment, cette piste n’était d’aucun intérêt et c’est justement pour cela que la jeune nécromancienne l’appréciait. Elle pouvait y méditer en toute tranquillité.

Vous allez penser, pourquoi ne pas choisir un endroit plus proche et surtout plus… accueillant. C’est une question que Mélusine s’était aussi posé. Parfois, c’est peut-être que nous avons tout simplement besoin de nous éloigner. La nécromancienne gagna la piste en passant par une brèche béante du grillage. À certains endroits, il était même tombé ou même complètement absent. Pour dire à quel point les autorités se foutaient bien de qui pouvait pénétrer le secteur.

La mauve s’était apporté une gibecière de cuir vert rempli de snacks. Des poignées de noix, une barre tendre, 3 jus de fruit, quelques morceaux de chocolat, de quoi rassasier une éventuelle crise de gourmandise même si elle ne pensait pas rester plus de deux heures. La nuit était déjà tombée, les jours raccourcissait. Malheureusement, elle n’avait pas pu se libérer avant, le ranch demandant beaucoup de temps et d’investissements.

Après une bonne dizaine de minutes de marche, Mélusine arriva à la hauteur de quatre épaves de montgolfières. Dans la pénombre, elles ressemblaient à de gros rochers au taillage inachevés. Assez intriguant, avouons-le. La jeune femme s’approcha en silence de l’une d’elle, comme si son mécanisme aurait pu s’enclencher au moindre bruit. Cette montgolfière avait dû servir au transport de missiles et de munitions durant la guerre. Sa nacelle était faite de métal, désormais rouillé et bosselé, et de lourdes chaines enroulaient son mat. Le ballon n’y était plus rattaché mais il était surement énorme pour pouvoir supporter une telle charge.

Mélusine inspecta les câbles de la suspente, sourcils froncés. Ils luisaient. Un restant d’huile, un matériel inconnu ? Elle les toucha du bout des ongles au même moment ou le lourd foyer de fer se détacha du mât. Le sang de la nécromancienne ne fit qu’un tour lorsque le vacarme se déclencha à l’intérieure de la nacelle. Bing, bang, elle ferma solidement les yeux, serra les dents et rentra son menton dans le col de son chemisier. De quoi réveiller les morts, ce boucan ! Idiotement, elle s’attendit à entendre une sirène de police retentir mais ce fut plutôt une voix de gamine qui résonna dans la nuit. Qui est là ?

Est-ce qu’elle venait d’halluciner, où est-ce qu’on l’avait bien interpellé ? Le mauve se retourna et scruta la piste pour apercevoir, à quelques mètres, la silhouette bien définie d’une personne. Une petite personne, assise sur un sofa. Mais cette dernière ne semblait pas la voir. Normal, Mélusine se tenait dans l’ombre de la nacelle et était donc invisible, même pour les yeux d’un chat. Son interlocutrice menaça soudain d’utiliser son arme si l’intrus ne se montrait pas. La nécromancienne fit les yeux ronds en retenant un hoquet et agrippa la première chose qui lui tomba sous la main : une barre de fer de 40 centimètre. Elle aussi avait une arme maintenant !

… Attendez, croyait-elle vraiment que la fillette était armée ? Et même si elle l’était, Mélusine doutait fortement de se faire attaquer. Elle lâcha la barre –autre bruit métallique- et sortit de sa cachette involontaire, mains bien en vues et sourire timide sur les lèvres. L’autre semblait encore plus surprise qu’elle. La mauve sentait qu’elle l’avait dérangé dans son petit havre de paix. La verte lui demanda qui elle était. Pour tout de suite désamorcer la bombe, la nécromancienne ne perdit pas son temps.

{. Je m’appelle Mélusine… pas besoin de m’attaquer, je ne suis que de passage.

Elle leva un peu plus les mains avec un rire mi-nerveux, mi-amusé. Elle avait l’impression d’avoir foutu une de ses frousses à la fillette. Tout de suite, il fallait mettre une croix sur sa séance de méditation. Elle lissa les pans de sa chemise en inspirant un bon coup, ouvrit sa besace et en sorti un bout de chocolat qu’elle tendit en direction de son interlocutrice.

{. Tu en veux ?

Qu’est-ce qu’elle croyait voyons ! Amadouer la jeune fille comme on apprivoise un petit tamia sauvage ? En lui proposant un bout de chocolat, elle donnait surement l’impression d’être une espèce de pédophile ou je-ne-sais-quoi. Le concept y était : seules, isolées au milieu de nulle part, tard le soir… Mélusine rougit devant son manque de tact et se mit à rire.

{. Désolé, c’est bizarre de t’offrir du chocolat comme ça, c’est juste… il fait un peu chaud, il va fondre si on ne le mange pas. J’ai du jus de fruit aussi, si tu préfères. Tu viens souvent ici ?

Allez, il fallait faire avec la première impression.



Dernière édition par Melusine Threicae le Jeu 16 Aoû - 23:04, édité 3 fois
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Mukuro Regem
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MessageSujet: Re: Ad astra [PV : Melusine]   Ad astra [PV : Melusine] EmptyMer 15 Aoû - 22:38


« Je n’allais pas le cacher, cette jeune inconnue m’avait complètement FICHU une de ses frousses. J’avais toujours détesté les endroits sombres comme ceux-ci, mais dans mes moments de folies, j’oubliais parfois que la peur existait dans mon cœur de jeune adulte. Pourtant, malgré le fait que son visage me paraissait tout à fait normal, sans l’ombre de méchanceté, je restai sur mes gardes. Était-ce une ruse de mon père? M’envoyer une fille de mon âge pour me convaincre de marier un garçon que je ne connaissais pas – surtout qu’il provenait d’un autre continent ah! Je le savais, malgré tout, que papa n’était pas du genre à se rendre aussi loin dans ses projets. C’était la toute première fois qu’il passait un accord sans même m’en parler avant. Et rien qu’à y penser, j’étais encore malheureuse.

Briefons. Comme je le disais, j’étais toujours sur mon pied de garde, telle une chienne apeurée, prête à sortir les crocs si j’en avais réellement besoin. C’était souvent dans ces moments-là que j’aurais adoré posséder une malformation quelconque, c’est à dire un pouvoir. Je connaissais les dossiers secrets sur ses anormalités que gardait mon père dans son bureau – bon d’accord j’étais allée en cachette lors d’une de ses soirée, et selon tout ce que mes yeux avaient capté, il y en avait des tonnes! Certains pouvaient contrôler le vent, d’autres passer à travers des miroirs et tant de dons me survenaient à l’esprit. Imaginez-vous! Je pouvais être réellement toute puissante en cas critique, comme maintenant.

Mais malgré toutes ses précautions et ses idées d’arme anormale qui risquait de tuer n’importe qui sur mon passage, la jeune demoiselle aux cheveux roses ne semblait pas méchante. Enfin, c’était ce que disait cette petite voix dans ma tête qui ressemblait étrangement à celle de ma mère. Et peut-être était-ce le cas? J’avais dormi pendant un long moment, si elle avait souhaité m’attaquer, elle l’aurait probablement fait plus tôt… ou peut-être était-elle du genre à être comme ses psychopathes fous qui passaient des journées entières dans les maisons des gens avant de les étrangler ou manger leur cadavre. Bon sang… Mais d’où tenais-je toutes ses histoires morbides?

Et elle m’expliqua qu’elle se prénommait Mél-… Méla-… Mel quelque chose et qu’elle n’était qu’une passagère. Bah oui! C’était bien connu les personnes qui venaient prendre des marches dans un tel endroit! J’en croisais à chaque coin de rue. La fille dont j’avais déjà oublié le nom releva ses paumes en l’air, émettant un léger rictus agité. Je me contentai de froncer les sourcils, adressant autant à elle qu’à moi-même une espèce de question à savoir si je devais confirmer des sentiments positifs ou négatifs envers la prune. Justement, cette dernière avait sorti de son dos un sac contenant je ne sais trop quoi, ce qui me fit encore plus flipper. Elle comptait sortir quoi, elle? Une arme? Une corde? Du ruban adessif? Ah! Toutes les idées et les images des pires horreurs me passaient par la tête. Et dire que ma journée avait bien commencé, maman!

Je me trouvai à être au bout de la plaque. C’était une barre qu’elle me tendit en me demandant si j’en souhaitais. Alors ce n’était rien que cette chose dont je n’arrivais pas à voir la présence dans le noir? Je m’étais attendue à pire. Voilà que mon interlocutrice se mise soudainement à avoir les pommettes saumon. J’haussai un sourcil en l’air, me demandant bien ce qu’il la faisait de nouveau rire. Quand elle finit sa drôle de phrase, ajoutant plusieurs aliments et me questionnant sur mes visites dans le centre, je restai muette. Parce qu’il y avait une chose qui traversait mon esprit de droite à gauche… DU CHOCOLAT? Sans patienter plus longtemps, je sautai sur ma friandise préférée en tournoyant sur mes pieds, faisant tomber mes dessins ainsi que l’étrangère en la poussant accidentellement. Je ne pris pas le temps de m’assurer que la barre n’était pas empoisonnée; j’avais déjà englouti la tendre chose au goût sucrée. S’il y avait bien des choses qui me déconnectait de la réalité, c’était bien les sucreries, et particulièrement le chocolat. Dès que j’en apercevais, je devais complètement dingue.

Je finis par me retourner en direction de la crinière violette, me rendant compte qu’elle était sur le sol et peut-être un peu perdue par cette attitude étrange de ma part. Oh c’était vrai! Elle ne me connaissait pas, comme moi je ne savais rien de son identité. Il fallait bien que je me présente, tout de même. Je lui adressai un regard digne de ma première façade, relevai mon pouce en me pointant et lui fis un clin d’œil.

- Salut Mélanie! Je suis Mukuro Regem! Merci pour le chocolat!

J’avais l’air d’être une vraie bipolaire. Passer de la fillette prête à mouiller sa culotte à celle qui faisait confiance à toute la nation, il était certain que la concernée devait être légèrement choquée. J’étais connue, par les jeunes de mon âge, de posséder cette drôle d’attitude sauf lorsque j’étais au travail avec mon père. Personne ne m’avait encore vu, d’ailleurs, perdre les plombs durant notre besogne – sauf aujourd’hui mais personne ne m’avait aperçue. Je commençais tellement à raconter ma propre vie dans mes pensées que j’en avais presque oubliée sa question de tout à l’heure. Je croisai mes mains à l’arrière de mon dos, retroussai mes lèvres vers le haut et envoyai un sourire adorable à la fille.

- Non, c’est la première fois que je viens ici. Je ne sors jamais du centre-ville, à mes habitudes. Mais j’ai eu une dis-… OH! NON! MES DESSINS!

Je venais tout juste de me rendre compte que j’avais échappé mon carnet à croquis. Malheureusement, la plupart des feuilles s’étaient échappées sur le sol remplis de scories, me mettant en panique. Vite! Vite! Si je les perdais, plus jamais je pourrais me pardonner. Dans la noirceur, je me penchai vers le bas afin de prendre toutes les feuilles qui avaient disparues. Je laissai donc en plan, là, celle qui avait été si gentille avec moi – bon elle ne m’avait offert que du chocolat mais on s’en fou, toujours sur le sol. Puis, je me rendis soudainement compte qu’elle avait le pied posé par-dessus un de mes dessins. Et là mes yeux s’écarquillèrent.

- Désolée, mais tu tiens par-dessus un de mes dessins.

Je lui avais dis avec une drôle de voix, comme si les émotions que j’avais ressenti à mes huit repassaient dans mon corps. C’était plutôt normal lorsqu’il s’agissait du visage de maman et moi qui gisait sur le sol. Grâce à mes mouvements brusques, voilà que le dessin était froissé. Et là je n’en pouvais plus. C’était la goutte qui fit déborder le vase. Mes journées seules, mon père qui donnait ma main, maman qui était perdue à jamais, toutes ses pensées me firent éclater en sanglots. Je n’avais jamais pleurer devant quelqu’un depuis l’enterrement, mais là je craquai. Je craquais, car j’avais l’impression d’être toujours folle, d’avoir perdue l’esprit selon mes humeurs et parce que je me sentais si seule. Et parce que je savais que c’était peine perdue d’essayer de sympathiser avec une inconnue comme cette Mélanie!

- Désolée! Je suis vraiment désolée!

À qui le disais-je? À celle devant moi? À moi-même? À mes parents? Je ne savais plus, j’étais toute perdue. Et pourtant la journée avait si bien commencé!»

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MessageSujet: Re: Ad astra [PV : Melusine]   Ad astra [PV : Melusine] EmptyMer 15 Aoû - 23:39


Allez, reprend un peu de chocolat...
Eargasme



Semblable à une mini-tornade, la jeune fille se lança sur Mélusine pour attraper la barre de chocolat, la bousculant par la même occasion et faisant voler à tous vents des pages garnies de croquis. La mauve recula de quelques pas, déséquilibrée, jusqu’à ce que la semelle de sa botte roule sur la barre de fer qu’elle avait laissé tomber derrière. Elle poussa une petite exclamation de surprise avant de tomber cul contre béton. Aie, ses fesses… La tête à peine relevée vers la verte, elle pouvait voir qu’il ne restait plus rien du chocolat, hormis quelques vestiges sucrés sur les lèvres de l’inconnue. Eh bien, c’est ce qu’on pouvait qualifier de choco-addic.

La nécromancienne se frotta le bas du dos, encore un peu désorientée par ce qui venait de se passer. Comme si la friandise avait rendue toute sa vitalité à la jeune fille, cette dernière se présenta de façon énergique comme étant Mukuro Regem. En l’appelant Mélanie. La mauve ne releva pas, elle ne fit que sourire. Regem, hm ? C’était le nom du maire de Caelum, mais peut-être existait-il une autre famille de Regem ailleurs sur l’île. (Ça aurait été étonnant)

La petite Mukuro commença à donner des explications de sa présence sur les lieux quand elle fût coupée par sa propre remarque. Les dessins ! Il n’était pas trop tôt, ceux-ci étaient réellement en train de prendre des vacances, menaçants de s’envoler à tout jamais dans le ciel noir de l’île. Sans perdre son temps, Mélusine se redressa pour l’aider à rapatrier les croquis. Elle en avait trois en mains lorsque, d’une voix vacillante, la verte lui fit remarquer qu’elle avait le pied sur l’un des dessins. Comme si elle venait de piétinez la chose la plus importante du monde. La nécromancienne recula brusquement en s’excusant, plus étonnée que mal à l’aise.

Et soudain, Mukuro éclata en sanglot. Pour la seconde fois dans la soirée, le sang de la dresseuse de chevaux ne fit qu’un tour. Ces larmes de crocodiles lui fendirent le cœur. Aussitôt, la plus jeune se confondit en excuse mais Mélusine secoua la tête et les balaya du revers de la main.

{. Ne sois pas désolée voyons, tout le monde pleure.

Elle lui remit les trois feuilles à croquis qu’elle tenait encore et sortit une deuxième palette de chocolat de sa gibecière. Pour Mukuro, c’était certainement le meilleur baume, la mauve l’avait vite compris.

{. Mange ça. Tu peux pleurer, ça fait du bien… en passant, c’est Mélusine, pas Mélanie.

Elle lui adressa un joli sourire, espérant la consoler un tantinet. Regem, c’est ça ? La nécromancienne était à peu près sûre qu’il s’agissait de la fille du maire mais elle se garda de lui apprendre. Dans l’immédiat, ce n’était pas important. Patiemment, elle attendit que la crise de larmes cesse. Et puis, du coin de l’œil, elle observa de façon admirative les dessins que la verte tenait contre elle.

{. Wow, dis donc, tu dessines drôlement bien pour ton â-… Tu as quel âge d’ailleurs, si ce n’est pas indiscret ?

Oui, parce qu’elle ne pouvait pas savoir ! Mais à l’œil, Mélusine ne lui donnait pas plus de 16 ans. Dans l’ombre, il était ardue de bien définir les traits de son visage, c’est peut-être cela qui lui donnait un air plus jeune. Mukuro était petite aussi, ça ne devait pas aider sa cause. La nécromancienne regretta soudain de ne pas avoir apporté de lampe torche.

La jeune femme allait écouter la réponse de la verte quand la lumière aveuglante de gyrophares la fit sursauter. Il ne manquait plus que ça, les flics. Ce n'était vraiment pas le moment, ni l'endroit ! Mélusine siffla un ''merde'' entre ses dents, agrippa le poignet de Mukuro et la tira sans d'autres explications dans le cockpit de la montgolfière abandonnée. Avec un peu de chance, la voiture de patrouille ne les avait pas repérée.

{. Ne fais aucun bruit, clair ? Ne pense pas que parce que tu es la fille du maire ils seront plus indulgents avec nous.

La consigne était plus que clair, oh oui, plus qu'autoritaire. Les roues du véhicule s'arrêtèrent et les portières claquèrent. Mélusine pria intérieurement, de toute ses forces. Elle n'avait pas l'argent pour payer une amande salée, déjà qu'elle marchait sur des oeufs ses temps-ci pour réussir à rentabiliser le ranch.

{. J'pensais avoir entendu du bruit par ici, quand on était à l'autre bout.
{. Un animal sauvage, je suis sur que ce n'est qu'un animal.
{. Arrête avec ça ! Aide-moi à chercher.
{. C'est-ça... trouvons l'écureuil géant, sergent.

Mélusine serra doucement les doigts de la jeune comme pour lui rappeler de ne faire aucun bruit. Attentive, elle écoutait les pas des officiers. L'un d'eux se raprochait un peu trop à son goût de leur cachette. D'un geste lent, elle ramassa une petite pierre qui traînait dans la nacelle et, avec précision, la propulsa hors de l'habitacle. Le caillou alla se heurter contre une autre montgolfière.

{. Qu'est-ce que c'était que ça !?
{. Du calme merde !
{. J'ai faillis faire dans mon froc.
{. T'es trop con ! Ça doit être un rat.
{. Ouais bon, on fou le camp. Y'a personne d'assez con pour venir se terrer dans un endroit pareil. Je te paye un café ?

La nécromancienne écouta les deux hommes s'éloigner en s'esclaffant. Elle lâcha progressivement la main de Mukuro et s'autorisa à sortir lorsque la voiture ne se fit plus entendre. Elle posa ses mains sur ses hanches en soupirant bruyamment.

{. Eh bien ! Moi qui pensais que cet endroit n'était pas fréquenté ! Et pourtant il vient d’accueillir 4 personnes en moins de 10 minutes ! Pas mal quand même...

C'était le moins qu'on puisse dire.

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MessageSujet: Re: Ad astra [PV : Melusine]   Ad astra [PV : Melusine] EmptyJeu 16 Aoû - 16:24


« Depuis la mort de ma mère, c’était la toute première fois que je me sentais de nouveau honteuse. Le simple fait de penser que j’étais en ce moment même en train de fondre en larmes devant une habitante de mon futur îlot me rendait ignominieuse au plus haut point. J’avais toujours refoulé les larmes à l’intérieur de moi, sauf lors de mes moments de solitudes durant lesquels je me permettais une escapade dans la noirceur – et qui ne l’avait pas déjà fait de toutes les façons? Je ne me sentais plus comme une grande personne, j’étais retombée dans mon petit corps de gamine pleurnichant à la première occasion. On pouvait dire que ce n’était pas de ma faute, ni celle de Mel, à mes avants, mais plutôt de tous les petits détails frustrants qui étaient passés au cours de mon adolescence. Cela ne vous était-il donc jamais arrivé? Avoir l’impression que le monde tournait dans le bon sens jusqu’à ce qu’un minuscule événement bouleverse vos émotions et vous fait pleurer toutes les larmes de votre corps. Je n’arrivais pas à mieux décrire comment je me sentais.

Puis, à mon grand étonnement, la demoiselle à mes flancs secoua légèrement sa tête de droite à gauche, me disant simultanément de ne pas m’excuser et que j’étais en droit de verser des larmes. Me remettant quelques unes de mes feuilles, je cessai subitement de gémir telle une vraie gosse et posai mes yeux dans celle qui me tendait de nouveau une barre de cacao entre sa main. Je restai pendant une fraction de secondes médusée, incapable de prononcer un seul mot alors que le flot d’eau qui gisait de mes yeux m’embrouillait la vue. Encore du chocolat? Ça me fit soudainement chaud au cœur de revoir ma sucrerie préférée entre ses mains. Toutefois je ne pris pas l’occasion de lui sauter dessus pour lui arracher la gourmandise, j’étais bien trop gênée par mon comportement pour me permettre d’accepter de nouveau une confiserie. Pourtant, elle, elle sembla insistée et ses paroles me le confirmèrent – et d’ailleurs c’était Mélusine son prénom. Alors comme ça j’avais le droit de pleurer? Oui, bon, j’étais au courant qu’il n’y avait aucune règle dans notre univers qui nous interdisait de sangloter, quand même, je n’étais pas stupide à ce point. Mais le simple fait d’entendre de telles paroles me fit remonter toute la peine que j’avais sur mon cœur depuis toutes ses années. J’attrapai donc la tablette de chocolat, l’ouvris en tremblotant et croquai dedans la succulente chose tout en laissant couler sur mon visage rouge ce qui me tracassait depuis longtemps.

Ça paraissait étrange aux premiers regards, mais croustiller ce qui me faisait toujours sourire en même temps que de sangloter, ça me faisait un bien fou. J’avais l’impression que petit à petit, en dégustant la tablette, je redevenais la première Mukuro, moins seule qu’elle l’était auparavant. Quand j’eus finis par sécher les larmes et que mes yeux devinrent rougis, je n’osai pas regarder la figure de celle qui m’avait tendu la chose la plus réconfortante au monde. J’allais passer pour une misérable, c’était certain. Déjà que les filles de dix-neuf ans ne discutaient pas avec les autres d’une manière aliénée, alors là pleurnicher… Pourtant mon interlocutrice ne semblait pas se soucier de ses ridicules gouttes. J’en conclus que j’avais raison puisqu’elle détourna subitement de sujet pour me demander quel âge j’avais – tout en me complimentant sur mes brouillons.

Je n’eus même pas le temps d’ouvrir ma bouche afin de lui répondre qu’une forte dose de lumière dévia notre attention vers le véhicule qui se pointait au fond de la bâtisse. Je fus, sans avoir l’espèce d’un instant pour réfléchir, tirer par la main de la Mélusine jusqu’à l’intérieur d’une des montgolfières abandonnées, là où se tapissait son ombre plus tôt. J’allais lui demander qu’elle mouche l’avait piquée, mais elle ferma mon clapet en prétendant que j’avais beau être la fille du maire, rien ne disait qu’ils seraient plus cléments. Cela me frustra pendant une bonne minute, mais j’évitai de faire la remarque en voyant bien que ce n’était pas le moment de faire sa petite bourgeoise. Et de toutes les façons ça n’aurait porté qu’à mon désavantage. Pourquoi? Si la police trainait dans les parages, probablement qu’ils étaient à ma recherche. C’était la toute première fois que je fuyais ma maison d’une telle manière, mon père devait être mort d’inquiétude. À cette pensée je fis une drôle de moue sur mon visage. Non! Je n’y retournerai pas ce soir! La conversation entre les deux flics perdura à peine, à mon soulagement, et ils manquèrent presque de déguerpir à l’instant où Mélusine balança un caillou dans une direction opposée à la notre. Nous étions donc de nouveau toutes seules.

Ma main fut finalement libérer de l’emprise que détenait la tignasse lilas. J’en profitai donc pour me hisser hors de l’immense montgolfière en panne, faisant bien attention à ne pas manquer de m’écraser contre le sol par accident. J’étirai doucement les muscles de mes bras, regardant d’un coin de l’œil si les deux flics étaient bels et bien partis. Ça y était! J’étais bien en sécurité ici, finalement. La grande qui avait ses mains posées sur mes hanches semblait soulagée et j’en eus la confirmation par ses dernières phrases. Honnêtement je n’en avais aucune idée si cette place avait servi pour plusieurs hôtes. Je ne savais même pas dans quelle partie de Caelum je me trouvais! J’étais complètement perdue.

- Hum… Mé-… Mélusine? Je veux dire… Mademoiselle Mélusine…

Ça me faisait tout drôle de prononcer son nom, j’avais l’impression de m’adresser à un ami ou quelque chose dans le genre. Une occasion dans le genre ne se présentait pas souvent. Même avec mes anciennes copines j’évitais de dire leurs prénoms. Pourquoi? Tout simplement parce que personne ne le faisait hormis mon père et ma mère dans le temps qu’elle était vivante. Je secouai ma tête de droite à gauche, serrant contre ma petite poitrine le carnet qui contenait les croquis pour le cadeau d’anniversaire de papa, et relevai mes miroirs légèrement saumon vers la dame.

- Merci beaucoup pour les deux tablettes, c’était délicieux. Ah! D’ailleurs – je relevai mon pouce en ma direction avec un sourire d’enfer, j’ai 19 ans, pour ton information!

Je le savais bien que mon interlocutrice serait un peu surprise par mon âge. Je ne faisais pas du tout mes dix-neuf ans, même mon père me le disait souvent. J’étais si immature lorsque nous étions seuls, tous les deux, que parfois en blague il m’achetait encore des peluches d’animaux – d’ailleurs je les aimais bien ses petits jouets. Je restai silencieuse pendant une minute, réfléchissant bien aux conséquences qui pourraient se produire si je rentrais à la maison maintenant. J’entendais la voix de mon père me crier : « MUKURO! TU SERAS PRIVÉE DE SORTIE DURANT LE RESTANT DE TA VIE! ET JE T’INTERDIS DE MANGER DES DESSERTS PENDANT UN MOIS! EST-CE CLAIR?! ». Rien qu’à y penser je sentais qu’un petit nuage se formait au-dessus de ma tête. Le simple fait de ne plus pouvoir manger de gâteaux… je voulais mourir. Je n’avais qu’une chance de ne pas rester ici à crever de froid et d’éviter le courroux de papa; Mélusine.

- Dit! J’ai une grosse demande à te faire. J’ai eu une grosse dispute avec p-… mon père ce matin et je ne veux pas rentrer à la mair-… maison. Juste pour ce soir, tu crois que tu pourrais m’héberger chez toi? – J’étais pratiquement à genoux, s’iiiiiil te plaaaiiiit! Je te promet que je ne gênerai pas! Je te donnerai de l’argent en échange!

C’était drôle. Je n’aurais jamais cru que j’aurais dû me mettre à genou devant l’une des habitantes de l’île. Ce n’était pas que j’étais toujours supérieure, mais jamais je n’avais encore fait une telle demande. À savoir si elle allait bien vouloir…»



Dernière édition par Mukuro Regem le Ven 17 Aoû - 17:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ad astra [PV : Melusine]   Ad astra [PV : Melusine] EmptyJeu 16 Aoû - 17:42


D'accord, mais à une condition...
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Mélusine n’avait jamais entretenue de très bonnes relations avec la police. Selon elle, les officiers fourraient leur nez un peu partout, inutilement d’ailleurs, même en n’étant pas de service. Leur titre semblait leur donner le droit d’agir de façon hautaine et arrogante. Bon… en général, entendons-nous bien. Il y a toujours des exceptions à la règle. Une jeune femme à la tête d’un ranch familial n’en est-elle pas une ? La dresseuse reporta son attention sur Mukuro qui venait de l’appeler –et je cite- Mademoiselle Mélusine. La jeune femme se laissa amadouer par cette flatterie, même si ce n’était sûrement pas volontaire de la part de la fille du Maire.

{. Oui ?

Cette dernière la remercia pour les palettes de chocolat, ce que la plus vieille répondit par un sourire entendu. Puis, avec la fougue précédemment utilisée pour se présenter, la verte lui appris qu’elle n’avait pas 16, mais bien 19 ans. Vraiment ? ‘’Tu as l’air plus jeune’’, on devait lui sortir souvent, voilà pourquoi Mélusine évita de faire la remarque. Même si les phares de la voiture de patrouille étaient de mauvais augures, ils procuraient néanmoins lumière et… lumière. Maintenant que le véhicule était parti, la piste d’atterrissage se retrouvais de nouveau plongé dans le noir et on n’y voyait rien à plus de 7 mètres. Comble de malheur, d’épais nuages avaient couvert la seule source de luminosité ; la Lune.

Mukuro lui fit soudain part d’une requête assez, disons… déconcertante. Elle lui demandait, de but en blanc, de l’héberger pour la nuit afin de lui éviter de rentrer et d’affronter la colère d’un père inquiet. D’abord hébétée par sa réclamation, puis amusée, la mauve éclata d’un rire franc. Tout ceci était absurde, elle ne pouvait pas accéder à une telle requête !

{. J’aimerais bien te dire oui Mukuro mais je ne peux pas. Ton père doit être mort d’inquiétude à l’heure qu’il est, tu ne peux pas lui faire un coup pareil. Et puis je ne peux pas t’héberger car si on apprend que je suis impliquée dans ta disparition temporaire je pourrais avoir des ennuis et -…

La nécromancienne s’arrêta soudain, comme frappé d’une soudane vérité qui lui avait échappée. Elle scruta la verte de la tête au pied, l’air résolu.

{. Mais qu’est-ce que je raconte… tu m’as bien dis que tu avais 19 ans, non ? Tu ne fugues donc pas selon la loi, tu es majeure, tu as le droit de quitter le foyer familiale quand bon te semble.

En effet, tout ceci changeait la donne. De beaucoup, même ! Mélusine croisa les bras sur sa poitrine et réfléchit rapidement. Elle ne risquait pas grand-chose… sauf peut-être de s’attirer le courroux du maire dans le PIRE des cas. Au ranch, personne ne s’opposerait à l’arrivée d’une nouvelle venue, la maisonnée serait même ravie. Les gens de la campagne de Caelum étaient réputés pour être accueillants et généreux. Tout conte fait, la requête n’était pas si farfelue qu’elle en avait l’air. Et de voir ainsi Mukuro agenouillée tel on implore un messie, ça valait bien le couvert pour une soirée ! La mauve sourit, puis rit de nouveau devant cette mini prestation théâtrale.

{. Relève toi voyons… Allez, c’est d’accord. Mais à une condition !

Elle leva l’index droit. N’allez pas croire qu’il n’y avait pas de compromis , non non. En oublierait-on les sens des affaires ? Prenant un ton plus sérieux et conciliant, la nécromancienne attendit d’avoir l’attention de la verte avant de continuer.

{. J’aimerais que tu appelles ton père en arrivant chez moi. Tu n’es pas obligé de lui dire où tu es, ni avec qui, ça ne le regarde pas d’ailleurs, mais seulement lui dire que tu es en sécurité, que tout va bien… pour ne pas qu’il s’inquiète inutilement, tu comprends ? Je ne sais pas ce qui s’est passé entre lui et toi, mais comprend bien que je ne t’autorise pas le gîte pour que tu puisses fuir tes problèmes. Seulement pour te donner… une pose. Ta crise de larmes me prouve que tu en as surement besoin. Alors, on est d’accord ?

Mélusine tendit machinalement la main devant elle, prête à être symboliquement serrée en signe d’entente.

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MessageSujet: Re: Ad astra [PV : Melusine]   Ad astra [PV : Melusine] EmptyVen 17 Aoû - 19:07


« Je l’admettais : je n’avais jamais aimé me retrouver sous le nez des gens. Déjà que ma taille ne m’aidait guère, j’avais l’impression d’être encore plus inférieure que ce que j’étais. Supplier n’était pas de mon monde. En réalité, je n’avais jamais vraiment eu le besoin de m’agenouiller devant quelqu’un outre mes parents pour demander quelque chose. Ça me faisait tout drôle, prime à bord, mais en y réfléchissant bien c’était la moindre des choses afin de parvenir à mon désir. Que je sois la fille du Maire, cela ne me donnait aucun droit d’être impolie envers les gens. Je souhaitais toujours donner bonne impression, sans avoir besoin de me transformer en l’antilope au lieu de la lionne dominante, le titre qui me serait cédé à la mort de mon père. Juste à y penser : Mukuro Regem, mairesse de Caelum, ça me faisait tout drôle. La seule chose positive que j’y voyais c’était que plus personne ne me priverait de l’occasion de me gaver de chocolat. Oh que oui!

Bref, j’allais pratiquement me mettre à caresser les pieds de Mélusine que cette dernière m’arrêta brusquement en refusant ma requête. Quoi? Comment ça, non? J’étais sous le choc, je ne vous le faisais pas dire. C’était d’une injustice! Qu’avait-il droit d’avoir, mon père, hein? Ma présence, il ne la méritait pas! Oh je comprenais bien que la jeune dame avait quelque peu peur du pouvoir que ma famille détenait – ce n’était pas la première à avoir dit des choses dans le genre même si là je parlais de d’autres circonstances. Et de toutes les façons je ne comptais pas non plus disparaître pour le restant de ma vie, non, j’avais une toile à terminer pour papa et elle était très importante à mes yeux. Elle lui rappellerait de beaux souvenirs que nous seuls connaissions. J’avais des devoirs, aussi, à ne pas oublier. Simplement penser à ce genre de choses me donnait le goût d’abandonner et de rentrer à la maison. Mais j’étais têtue, extrêmement têtue.

Heureusement, je fus plus que soulager d’entendre ma seule chance d’échapper à la mort expliquer que ce qu’elle disait était faux. Mais c’était bien, ça! Même moi je n’y avais pas pensé à un truc pareil! J’avais le don d’oublier des choses plutôt importantes – j’étais souvent trop tête en l’air lors de mes moments de liberté. Un sourire brillant de tout éclat apparut aussitôt sur mon visage de jeune enfant et je me retins de sautiller un peu partout. Elle n’avait pas tout à fait accepté, encore. Je me devais de jouer la jolie et jeune fillette. J’espérais secrètement que ça marcherait, cette fois-ci.

Je fus au paradis pendant l’ombre d’un instant, les mots de Mel bourdonnant dans mes oreilles. En accord? Une condition? Mais ce que je m’en contre fichais, moi! J’étais prête à faire n’importe quoi afin d’éviter de retourner à la maison, ou peut-être plus de me perdre dans les régions de l’île maîtresse de notre univers. À ses ordres, je finis par me redresser et fis craquer les os contenus dans mon dos en laissant échapper un petit soupir. Je faisais ma petite rebelle, alors là, je devais l’avouer… J’ADORAIS ÇA! C’était si excitant de sortir des routines habituelles, des messages télévisés, des bals et des réunions! OUAIS! DANS TES DENTS, PAPA!

Mais mon plaisir de vivre en indépendance ne perdura pas. Effectivement, la requête que me demanda la tignasse saumon était en désaccord avec mes plans. Quoi? Appeler mon père? Mais il était absolument hors de question! Si j’avais couru comme une débile jusqu’ici, c’était parce qu’il y avait bien une raison. Je voulais qu’il ouvre les yeux et qu’il remarque que je n’étais pas son oiseau en cage. Et puis ça lui faisait une occasion de voir l’efficacité du service de police dans la région – ahah très mauvaise blague Mukuro. Pour l’instant, j’imaginais qu’il devait sûrement se préoccuper des invités dans le hall d’entrée de la Mairie, se disant que j’allais peut-être rentrer avant minuit. Je croisai mes bras sous le bas de ma petite poitrine, fronçant les sourcils et prenant une longue pause afin de bien réfléchir. Mélusine l’avait bien dit, je n’étais pas obligée de dire à papa où je me trouvais. Mais il finirait par me trouver si j’allongeais la conversation, ce qui serait le cas – le système de repérage de l’armée était d’une si bonne efficacité qu’en moins de dix secondes ils pouvaient rattraper les indisciplinés.

Et si je jouais ma carte secrète? Ça pouvait toujours marcher, rien ne contredisait la demande de celle qui m’hébergerait. Un sourire machiavélique se dessina soudainement sur mon visage pourtant habituellement paisible. C’était parfait, tout se passerait comme prévu. Je retournai mes yeux en direction de la demoiselle qui attendait à ce que je lui serre la main. Je n’hésitai pas à glisser ma paume contre la sienne et serrai fermement la poignée en dessinant un joli retroussement de mes lèvres sur ma bouche.

- Marché conclu.

Une fois dit, je lâchai la prise et glissai ma main contre le carnet qui contenait les esquisses pour mon père. Une surprise l’attendrait à son retour. Était-ce méchant? Je me le demandais bien. De toutes les façons, je n’allais pas non plus faire de mal à quiconque. Enfin, excepté mon père, bien sûr. Maman n’aimerait pas ça… Oh et puis zut! Je n’étais jamais méchante envers quelqu’un, alors autant commencer ce soir! J’hochai de la tête envers ma propre personne, puis, fixant les beaux yeux de mon hébergeuse, je m’avançai jusqu’à ses flancs, prête à partir.

- On y va? J’ai hâte de voir à quoi ressemble ta maison, c’est la première fois que je sors de la ville!

C’était vrai. Mon père n’avait jamais vraiment aimé s’imposer à l’extérieur des grandes bâtisses de Caelum. Il disait qu’il ne causerait que des problèmes à la vie paisible que vivaient les habitants sur les terres agricoles. Je tentais de m’imaginer à quoi pouvait bien ressembler la maison d’une autre, d’une fille hors de la ville. Peut-être était-ce spacieux? Peut-être vivait-elle dans un joli appartement? Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre, mais j’étais folle d’excitation. Ma première nuit hors de notre maison, génial, non?!

- Dit! En rentrant tu pourrais me dire où je me trouve, en passant? Si je veux rentrer à la maison demain, il faudrait bien que je sache le chemin, s’il te plait.

Ouais, je ne voulais tout de même pas me retrouver sur Fundere par pur hasard. Ça serait une très mauvaise blague et là, il était certain que papa voudrait ma mort. »

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MessageSujet: Re: Ad astra [PV : Melusine]   Ad astra [PV : Melusine] EmptyLun 3 Sep - 21:45


C'est un ranch, en passant...
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L'accord était avait passé sans grand mal et Mélusine en était satisfaite. Une fois la poignée de main échangée, elle se mit en route. Traîner dans les environs n’était pas recommandable, surtout avec un véhicule de patrouille dans le secteur. La nécromancienne s’étonnait que Mukuro n’ait jamais quitté la ville, ni même voyagé. Elle était fille de maire après tout ! Ça prouvait un point : son père était surement un ce qu’on appelle un père-poule. Il ne risquerait pas de très bien prendre la fugue soudaine de sa protégée. Pas très bien du tout même. Mais même pour les pères-poules, il vient un temps où il faut savoir se détacher et laisser les oisillons sortir du nid.

Dix minutes plus tard, elles atteignaient la brèche béante de la clôture. Sans doute la voiture était-elle passée par là. Plus loin sur la route asphaltée se dressait le premier lampadaire d’une longue rangée espacée à l’éclairage tamisée. Dans la noirceur d’ancre de la nuit, leur lumière semblait aussi vive qu’un soleil. En levant les yeux, on pouvait voir des centaines de petits insectes tourbillonner autour de cette source aveuglante telle des abeilles autour d’un pot de miel.

{. Le chemin est facile, tu verras. On suit cette route industrielle pendant 5 minutes, puis on tourne à droite sur l’Avenue de l’Expédition. Tu ne peux pas la manquer, il y a un chêne énorme. Ensuite on descend pendant une autre quinzaine de minutes et c’est la campagne. Le ranch est au bout du rang complètement, juste avant la forêt.

Le ranch est au bout du rang. La jeune femme marqua une pose, puis sourit de toutes ses dents.

{. Oui, j’avais oublié de préciser… je suis propriétaire d’une écurie. J’espère que tu n’es pas allergique aux chevaux.

Maison de campagne de rimait pas nécessairement avec équidés à quatre pattes, Mukuro ne s’était sûrement pas attendue à ça. Si elle n’était jamais sortie de la ville, elle n’avait donc surement jamais montée à cheval. Elle n’y était pas familière, c’était certain.

{. Tu as du entendre parler du ranch Threicae, c’est le plus grand de l’île.

En disant cela, Mélusine ne put s’empêcher d’éprouver de la fierté. Non seulement pour les durs labeurs de son oncle mais aussi pour sa main de fer qui avait permis la continuité de cet héritage lourd en responsabilités. Sur Caelum, les chevaux étaient plus que des animaux récréatifs. Ils étaient importants, voir indispensables, pour les Expéditeurs, chercheurs des régions inexplorées de l’île. Ces dernières étant inaccessible par les montgolfières où les automobiles (la forêt danse ne permet ni atterrissages, ni déplacements d’automobile tout terrain), les chevaux petits et robustes de l’îlot Mère étaient la meilleure alternative.

Bientôt, le grand chêne pointa le bout de son nez. On pouvait difficilement le manquer. Son ombre immense se détachait sur la route qui se transformait lentement en amas de gravier. Encore quelques minutes de marche et le gravier se transforma en terre battue. Oui, c’était la campagne. Avec son air vivifiant et ses innombrables grillons chantant sur le bord de la route. Elle était flanquée de prés à perte de vue. La ville de Caelum était prospère et bien développée mais on oubliait souvent que 20 pourcents des régions habitées étaient banlieues et 55 pourcents étaient campagnardes. Le reste était villeraines ou industrielles.

Lentement, les premières maisons espacées apparurent. Beaucoup plus vieilles et beaucoup moins modernes que celles de la ville. Le ranch n’était pas éloigné de la ville comparée à d’autres demeures. Mais contrairement à ces demeures installées sur la côte Est de l’île, l’écurie reposait à l’Ouest. Là où se dressait l’imposante forêt… Il devait y avoir une trentaine de résidences éparses dans cet amas de champs. Le blé y poussait, comme partout ailleurs sur Caelum, mais on ne le cultivait pas dans l’Ouest.

{. La ville, ça sent très différent, non ?

Ici, l’air était plus pur. Bon… avec une petite odeur de crottin, mais on s’y habituait. Ces terres n’étaient ni spécialement agricoles, ni spécialement ratissées par le bétail. Les odeurs inopportunes provenaient la plus part du temps des moufettes. Un vent léger, un vent d’été, se leva comme pour les accueillir dans cette région reculée des terres. Les effluves de l’herbe fraichement coupées, du bois de foyer, des ruisseaux leurs chatouillèrent les narines. Des odeurs que Mélusine associait à son chez soi.

Enfin, la fin de la route se marqua par un petit sentier fiché de pins serrés de chaque côté. La nécromancienne s’y enfonça en pressant imperceptiblement le pas, heureuse de rentrer. On n’y voyait presque rien, les arbres avaient remplacés les lampadaires. Mais Mélusine connaissait le chemin par cœur. À la fin de l’allée se dressait la demeure centenaire passée de mainte fois en génération, ainsi rénovée de mainte fois également. Elle se composait de deux étages, sa façade n’étant que de pierres. Il n’y avait pas un bruit, seulement le chuchotis discret du vent. De par les fenêtres fermées de la maisonnée filtraient une lumière accueillante.

{. Nous y sommes.

Mélusine invita la fille du maire jusqu’au porche et la fit entrer devant elle. Fut un temps où la maison était habitée par toute une garnison. Maintenant, elle ne l’était que de la nécromancienne et sa tante mais l’énergie y régnant était toujours aussi chaude et sécurisante. La mauve se déchaussa et avança jusqu’au petit salon. Elle jeta sa gibecière sur le canapé et ferma les lumières que tatie avait oubliée d’éteindre, ne laissant que 2 ou 3 lampes allumées. Elle se tourna ensuite vers Mukuro en souriant.

{. Voilà, tu fais comme chez toi. J’ai plusieurs chambres à l’étage, tu n’auras qu’à prendre celle qui te plait. Tu veux un verre d’eau ?

Elle ouvrait déjà le réfrigérateur de la cuisine en quête d’un fruit à se mettre sous la dent. Le cadran numérique affichait 22 :05.

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